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L’axe Médias et territoires vise à étudier les représentations médiatiques (où le terme médias est pris au sens très large) des territoires. Sans oublier les médias de masse, terrain classique des études en science de la communication (presse, radio, télévision), les travaux de l’axe veulent s’appuyer sur de nouveaux terrains tels que les médias sociaux (Twitter, Facebook, Instagram, Youtube, etc.) et retisser le lien avec les représentations produites dans l’espace physique (affiches, banderoles, etc.).
L’objectif est de fédérer des chercheurs de différentes disciplines (géographie, sociologie, science de la communication, anthropologie, etc.) et de faciliter l’échange des pratiques épistémologiques et méthodologiques entre eux. L’investigation des journaux, tracts, sites, blogs, periscope, pages Facebook et autres formes de communication est susceptible de fournir un matériel très riche permettant l’étude longitudinale des représentations des territoires générées par les interactions entre les acteurs concernés. Reste qu’elle pose des problèmes tant conceptuels (comment prendre en compte la diversité des expressions) que méthodologiques (délimitation et représentativité du corpus, volume de données, types d’analyses).
Un volet important de l’axe vise également à susciter une réflexion interdisciplinaire sur la disponibilité de nouvelles données du web utiles pour l’analyse territoriale (traces numériques, big data, open data, soft data, etc.), en abordant les questions de gouvernance, de distribution de données et les questions éthiques.

4 terrains d’études sont privilégiés.

  • 1- Représentations numériques des territoires

    Avec la diffusion du numérique dans nos sociétés, les spécialistes des sciences territoriales et de la communication ont engagé des recherches sur l’analyse des données issues du web, des réseaux sociaux et plus généralement des soft data. Une double interrogation les anime : ces nouvelles données sont-elles potentiellement porteuses de lectures inédites de nos pratiques spatiales et de nos représentations territoriales ? Impliquent-elles pour la population l’émergence de contraintes et/ou de services nouveaux ? Pour y répondre ces chercheurs développent des outils et des concepts leur permettant de croiser des données géolocalisées, des informations temporelles et des attributs territoriaux de nature sémantique.
    De leur côté, les entreprises, que ce soit les géants du net avec leurs différentes applications ou celles du secteur de l’automobile (cartographies instantanées de l’environnement des véhicules), maillent la réalité territoriale d’une matrice digitale dont les usages quotidiens ne cessent de s’étendre. Leurs choix méthodologiques et stratégiques pourraient imposer des standards dominants dans la représentation numérique des territoires et interrogent le débat citoyen autour de la question d’un usage éthique de ces données.
    En associant les travaux scientifiques menés actuellement avec ceux du grand public, autour des démarches de cartographies participatives ou de recensements alternatifs, cette thématique souhaite illustrer la diversité des approches (qualitatives ou quantitatives, d’analyse spatiale ou d’ethnographie numérique) à l’aide d’exemples fondés sur différents jeux de données des réseaux sociaux.
  • 2- Luttes de territoire

    Le territoire est rarement une surface neutre et isotrope mais bien souvent un objet de lutte entre acteurs aux intérêts divergents. Chaque acteur impliqué dans une lutte de territoire mobilise des images et des textes ancrant ainsi des représentations congruentes avec leurs objectifs. Il s’agit ici de s’intéresser plus particulièrement à la création et aux caractéristiques de ces représentations territoriales conflictuelles.
    Qu’il s’agisse du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, du site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, de l’occupation de la place de la République par Nuit debout au printemps 2016 pour se limiter à quelques cas français emblématiques, la communication, tant physique que numérique, est l’un des aspects essentiels des acteurs impliqués. Les nouvelles arènes d’expressions en ligne (médias sociaux, pure players, listes de diffusion, etc.) permettent notamment pour les opposants à un projet donné de s’émanciper des médias traditionnels et de diffuser leurs actions et représentations au-delà des cercles militants.

    Une session « Luttes de territoire et représentations sociales » est organisée dans le cadre du prochain colloque du CIST en mars 2018 à Rouen.

  • 3- Représentations géopolitiques produites par la presse (géomédia)

    Cette thématique vise à proposer une analyse spatiale et temporelle des flux d’information véhiculés par les médias traditionnels (notamment la presse) afin de s’interroger sur les territorialités qu’ils véhiculent ou révèlent à différents échelons, du plus local au plus global en passant par le régional et l’international. Cette thématique faisait initialement partie du programme Information territoriale du CIST, reconnu trop vaste et ultérieurement subdivisé en plusieurs axes davantage ciblés. Il n’est devenu officiellement un axe autonome du CIST qu’à la fin de l’année 2012 mais son activité réelle débute dès les origines du CIST en 2010 à travers la réponse (infructueuse) à un projet de la première vague des Equipex – Geomedia Mapper. L’obtention fin 2012 de l’ANR Corpus Géomédia avalise la densité des relations tissées dans un groupe initial d’une vingtaine de chercheurs en géographie, informatique et sciences des médias et de la communication localisés dans plusieurs équipes de recherche de différentes régions. Les travaux commencés dans le cadre de l’ANR continuent aujourd’hui grâce au projet européen H2020 Odycceus.
    D’autres chercheurs participent à l’axe et en élargissent les perspectives, notamment avec les études ciblées sur le rôle des médias : dans le développement des processus citoyens et les mouvements sociaux (Chine, Afrique du Nord) ; dans le développement de bases de données ouvertes concernant le territoire (France et Amérique latine) ; en comparant le fonctionnement des médias traditionnels avec les nouveaux médias notamment dans les processus d’agenda-setting et de formation de l’opinion publique.
  • 4- Représentations médiatiques des patrimoines et des mémoires

    Cette thématique est un thème émergent au sein de l’axe Médias et territoires alimenté par des travaux récents et par l’arrivée de nouveaux laboratoires dans le CIST. Les recherches menées dans le cadre de cette thématique se positionnent autour des représentations mémorielles et patrimoniales (notamment d’un point de vue territorial) et visent à mettre en évidence et étudier les changements générés dans ce secteur par les dispositifs numériques et les pratiques qui y sont liées. L’originalité de cette approche consiste à rendre les concepts de culture et de patrimoine plus inclusifs en les considérant au pluriel : les travaux de la thématique permettent ainsi de distinguer, par exemple, des mémoires citoyennes, des mémoires de communautés transnationales, des patrimoines de migrants, des pratiques orales, des patrimoines intangibles d’entreprises, etc. – chacun induisant des processus de patrimonialisation spécifiques, auxquels les dispositifs numériques apportent à la fois de nouvelles formalisations et représentations, de nouvelles contraintes et de nouvelles dynamiques.
    La thématique accorde une attention particulière à la diversité croissante non seulement des publics mais aussi des acteurs mêmes du patrimoine. Ainsi, en partant du domaine classique des institutions patrimoniales nationales et internationales, les recherches de cet axe interrogent également les pratiques des professionnels (musées, archives, etc.) en lien avec les nouveaux publics, et celles des acteurs du patrimoine dans leur ensemble, incluant collectifs et communautés de pratiques, amateurs, citoyens, etc. Dans cette optique, sont observées les nouvelles collaborations induites par le numérique, en particulier les coopérations entre professionnels et amateurs éclairés (« pro-am ») pour la redocumentarisation du patrimoine, à l’aide de plateformes dédiées, d’outils du web 2.0 ou des médias sociaux.
    La thématique vise ainsi à mettre en évidence l’émergence d’un transmédia patrimonial, dans lequel les parcours patrimoniaux se diversifient, en se déployant en ligne, en élargissant leurs angles d’approche et en s’ouvrant aux récits des publics. Le recours aux témoignages privés et récits de vie enregistrés, intégrés dans les parcours de médiation muséale, la contextualisation de fonds d’archives, les « promenades territoriales » audio-guidées ou la déclinaison numérique des territoires patrimoniaux traditionnels comme les « itinéraires culturels » sont quelques exemples de cette hybridation des registres et des espaces.

 

  • Dynamiques de l’opinion et conflits culturels en Europe (2017-2020)

    Les réseaux sociaux, les forums de discussion et la digitalisation des informations ont un impact croissant sur la façon dont les individus et les communautés communiquent et s’auto-organisent. Peut-on dès lors tenter de capturer l’information circulant sur ces plateformes afin de mieux comprendre et analyser les problèmes majeurs auxquels nos sociétés contemporaines sont confrontées ? Cela peut-il nous aider à mieux gérer la multiplication des crises sociales imputables aux différences culturelles et aux visions divergentes du Monde ? Cela peut-il permettre de faciliter la détection précoce des crises et, pourquoi pas, trouver des solutions aux conflits avant qu’ils ne sombrent dans la violence ?
    Le projet H2020 Odycceus répond affirmativement à toutes ces questions. Il propose de développer les fondations conceptuelles, les méthodologies et les outils aptes à rendre opérationnelles ces visions ambitieuses et à en démontrer le caractère opérationnel sur une large gamme d’étude de cas.

  • Le but de ce groupe de travail est de faire se rencontrer les chercheurs du CIST qui travaillent sur ce sujet (notamment des géographes) et de les mettre en contact avec d’autres chercheurs (également d’autres disciplines) qui travaillent sur le même sujet en France et à l’étranger.
    Un premier objectif du groupe sera de produire une publication collective.

    Dans un premier temps, le thème sera abordé en manière vaste, en couvrant :
    – les définitions du territoire par les données mises à disposition sur le Web (opendata, WebGIS, plateforme de partage de données…)
    – la redéfinition du territoire et création de nouveaux territoires par le Web et Web 2.0 (urbanisme 2.0, réseaux territoriaux sur le web, relation entre proximités géographiques et proximités médiatiques…)
    – l’identification d’entités territoriales et des relations entre elles par les données médiatiques disponibles sur le web (geomedia..)

    Cette liste n’est pas exhaustive. Même en laissant l’horizon ouvert dans cette première phase, on voudrait exclure les études concernant les « territoires virtuels » en nous concentrant sur les définitions du territoire physique.

  • ANR Corpus Géomédia – Observatoire des flux médiatiques internationaux

    Financé dans le cadre de l’ANR Corpus.
    Les activités de l’ANR Corpus Géomédia, qui ont débuté officiellement le 1er novembre 2012, sont désormais consultables sur le carnet de recherche dédié au projet, servant autant de lien entre les chercheurs du projet que d’outil de communication externe.

    Étude de faisabilité sur des outils analytiques basés sur les mégadonnées
    Feasibility study on analytical tools based on Big Data project – 2014

    Ce projet vise à proposer une expertise spécialisée dans les mégadonnées, notamment celles issues du web 2.0 (O’Reilly, 2005) en lien avec des données et informations territoriales. Après avoir identifié des jeux de données disponibles et une méthodologie concrète et opérationnelle sera proposée pour les traiter avec des jeux de données territoriales plus traditionnels. Enfin, le projet aboutira à des recommandations pour le traitement de ce type de données.

    Soft data pour les politiques publiques de la ville (PEPS) 2014

    Ce projet vise à explorer l’importance et le rôle des soft data dans le processus de décision publique concernant l’aménagement et la gestion des villes. Face à l’abondance de ces données, ce projet vise à faire un état de l’art des données existantes et à développer une réflexion partagée sur les questions méthodologiques (« méthodes numériques ») et théoriques (rapport entre numérique et physique) liées à l’emploi de ces données dans les politiques de la ville.