logo


Le lancement en 2007 de la politique européenne de voisinage signale le changement de gabarit géographique de l’espace européen : pour la première fois, l’UE reconnaissait qu’elle était partie prenante de ces territoires limitrophes qui vont de la Russie arctique au Maroc (et même à la Mauritanie si on se réfère à la géographie de l’Union pour la Méditerranée). L’objectif est d’analyser cette grande région en émergence, en la comparant aux autres grandes régions du monde.

Le rôle leader du CIST dans le programme européen European Neighbour Regions (ESPON) renforce sa crédibilité sur le thème désormais reconnu de la grande région européenne. Le CIST peut mobiliser des scientifiques qui travaillent sur les intégrations régionales, dans le monde et en Europe, sur les Voisinages orientaux ou méditerranéens de l’Europe, sur les enjeux d’analyse, représentation et stratégie d’aménagement de ces très vastes territoires. Il peut contribuer à mieux faire dialoguer des disciplines qui coopèrent pas si souvent et pour certaines rarement sur cet objet : économie (qui a une longue histoire d’analyse de la question), science politique, géographie (bizarrement plus récemment venue sur le sujet), mais aussi les sciences de la terre sur les enjeux environnementaux par exemple (voir la fédération scientifique qu’anime le projet MISTRALS sur la Méditerranée, et qui souhaite mieux travailler avec les SHS).

Cette question de l’intégration régionale est une bonne façon de faciliter le dialogue entre des chercheurs travaillant sur des terrains très éloignés et dans des contextes culturels suffisamment variés pour pouvoir faire penser à une « incommensurabilité » des territoires considérés. Il s’agit de voir en quoi les enjeux contenus dans la progression des intégrations régionales dans le monde ces dernières décennies, se posent de manière comparable en Asie orientale, en Amérique du Nord, dans l’Euro-Méditerranée etc. (nouveaux rapports Nord-Sud et résistance aux normes venues des pays industrialisés, intégration territoriale par les réseaux de transport et d’énergie…).