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1.2. Bilan du séminaire interne

Ce séminaire annuel, qui comme celui de 2010 était un séminaire interne des membres du CIST, avait trois objectifs :
– préparer le 2e colloque international du CIST
– croiser les travaux des différents axes scientifiques du CIST et leurs avancées en matière de science des territoires
– avancer sur la question des relations entre recherche et acteurs territoriaux.

Sur ce dernier point, les sessions sur « L’information locale et l’accessibilité aux soins » et sur les « Voisinages méditerranéens de l’Europe » ont été organisées dans un dialogue entre chercheurs et acteurs (représentants de collectivités locales, d’institutions à forte action territoriale comme l’ADEME, la DATAR ou l’IAU-îdF, cabinet d’expertise spécialisé dans l’énergie, etc.), ou encore avec l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES), centre de recherche appliquée lié aux acteurs du système français de santé.

La session « Informations locales et biodiversité » a montré le rôle des acteurs institutionnels impliqués dans la connaissance et la gestion des territoires, un collègue du MNHN a souligné l’ampleur que pouvaient prendre les programmes de « sciences participatives » dans lesquelles des participants bénévoles – jusqu’à des dizaines de milliers – contribuent à des travaux scientifiques en fournissant des observations nombreuses recueillies selon un protocole standardisé. Ces sciences participatives sont une illustration de la perméabilisation des frontières entre domaines sociaux (professionnel/domestique, public/privé, administration/administré…), ici sciences/loisirs. Le CIST a un rôle à jouer pour mieux comprendre et animer cette interaction, et mettre en évidence le rôle central des questions relatives à l’information territoriale, à la fois en amont (problématiques sociales et institutionnelles, accès aux données…) et en aval (visualisation, contribution au débat public, aide à la décision).

La session sur la « Responsabilité sociale des entreprises » (avec des exemples en France, dans les Peco, en Russie ou en Azerbaïdjan) a montré en quoi la RSE était une redéfinition innovante des compromis dans les relations entre l’entreprise et son contexte institutionnel et territorial. Elle a notamment soulevé la question de la puissance normative de l’Europe sur ses voisinages.

La session « Données globales et science des territoires » a traité deux thèmes : celui de la couverture médiatique des catastrophes naturelles (tremblements de terre et tsunamis), et celui de l’élaboration, de la diffusion et de l’impact des rapports mondiaux – ici le rapport de l’IAASTD initié par la Banque mondiale et les Nations unies entre 2005 et 2008 sur la contribution de la recherche aux objectifs du Millénaire pour le développement dans le domaine agricole. Une conclusion était que beaucoup des décideurs politiques n’ont pas retenu l’analyse des scientifiques selon laquelle il fallait internaliser tous les coûts (sanitaires, environnementaux…) de la production agricole – ce qui montre le besoin de mieux organiser le dialogue entre ces milieux et de bien comprendre l’interaction entre le discours scientifique et le discours des acteurs politiques ou économiques. Cela passe par une mobilisation scientifique interdisciplinaire pour clarifier ces interactions entre agriculture / environnement / santé etc., pour éclairer cette notion centrale mais complexe de « durabilité », et parvenir à un vrai dialogue avec les acteurs et les décideurs.

Outre des réflexions sur le contenu du colloque international de 2014, ce séminaire aura éclairé les rôles possibles du CIST en matière d’information territoriale et de relation avec la demande sociale, rôles que l’on peut résumer en cinq mots :
– réseau : c’est l’échange d’informations entre chercheurs, et entre chercheurs, producteurs de données et utilisateurs de résultats de recherche
– syndicat : c’est le regroupement des demandes de différents chercheurs pour obtenir des données, réduire l’obstacle du secret statistique et faciliter les partenariats
– fédérateur : c’est la production d’outils à effets plus pérennes comme la mutualisation des réseaux ou des données, une charte commune de confidentialité pour accéder aux données et les diffuser, la publicité des exemples de partenariats efficaces, ou encore la traduction des résultats de recherche en direction des acteurs territoriaux
– silos : c’est la constitution de bases de données considérées comme essentielles, point d’appui pour de futurs partenariats
– laboratoire hybride, permettant des travaux communs entre équipes ou personnes de statut très variable (chercheurs et acteurs), sur la co-définition des référentiels, des problématiques, la coproduction des données et des indicateurs, voire la coresponsabilité sociale.