Proposition coordonnée par Richard Raymond (Ladyss, CNRS) et Laurent Simon (Ladyss, Paris 1)
- axe consacré aux interactions réciproques entre les sociétés et la biodiversité, en général abordées de manière séparée (les sciences de la vie et de la nature considèrent la société comme un facteur extérieur impactant la biodiversité ; les SHS abordent la nature ou la biodiversité de manière soit réifiée soit dans leur construction sociale et en minimisant leurs fondements biologiques)
- rarement considérée, la dimension spatiale de leurs interactions, au sein de territoires et de paysages, est pourtant un bon poste d’observation de la coévolution des systèmes sociaux et de la biodiversité : quels sont les effets des changements de la biodiversité sur les sociétés ? Quels sont les effets d’éventuels réarrangements spatiaux d’espèces, de populations ou de gènes sur ces territoires (risques pour la santé, contraintes agricoles,…) ? Comment gérer des masses d’informations toujours plus importantes et en tirer des recommandations pour les politiques spatialisées ?
- Cette coévolution se déploie à différentes échelles, du système monde aux systèmes locaux de gestion des territoires
- contexte de marchandisation de la nature, enjeux d’aménagement et de développement (aires protégées, patrimonialisation, tourisme…)
- la préservation des conditions d’existence des différentes formes de vie est inscrite à l’agenda des politiques publiques, aux échelles mondiale (lancement en 2010 d’un « GIEC de la biodiversité » : Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services-IPBES), européenne, nationale (Stratégie Nationale pour la Biodiversité française, 2004), régionale (charte régionale pour la biodiversité de l’Ile-de-France, Naturparif…), locale (livre blanc de la biodiversité à Paris, 2010, atlas communaux de la biodiversité…)
- ces progrès n’enrayent pas la perte de biodiversité, car sa conservation ne peut pas reposer sur le seul engagement des autorités politiques ; l’enjeu est en effet transversal à l’aménagement de nombreux espaces et à de nombreux secteurs d’activité
- outils d’investigation classiques (enquêtes de terrain : informations naturalistes ou sociales concernant les dynamiques réciproques de ces deux composantes des territoires)
- outils de traitements des données (les bases de données naturalistes sont en passe d’être harmonisées au niveau européen et national dans des systèmes d’informations rassemblant un ensemble de métadonnées facilitant leur accessibilité ; importance du méga catalogue des métadonnées de l’Observatoire national de la biodiversité) : SIG, modélisation… (cf. projet d’Equipex « Géomédia Mapper »)
- dimension juridique de plusieurs de ces bases de données car elles ne sont pas toutes dans le domaine public