Une confirmation
Le colloque a confirmé la pertinence du triptyque qui est au cœur du CIST : (i) la dimension transdisciplinaire du concept de territoire, (ii) l’importance centrale de l’information territoriale dans cette nouvelle discussion entre les disciplines, (iii) la mobilisation des outils de visualisation pour le débat public par les acteurs du développement territorial.
Ce qu’il faut améliorer
L’aménagement et l’urbanisme sont restés peu visibles dans les communications et le déroulement du colloque, C’est une connexion qu’il faudra que le GIS établisse, de même qu’avec d’autres thématiques comme celle la transition énergétique, dont la composante territoriale est déterminante. Les communications viennent encore trop peu des sciences dites dures, trop peu des sciences de la santé ou de l’ingénieur, ce qui trace le chemin à parcourir.
La formation a été peu abordée durant le colloque mais suffisamment pour montrer le rôle de nos étudiants de doctorat ou master dédiés au territoire qui font le lien avec les acteurs du développement territorial.
Les apports scientifiques du colloque
1°) La pertinence de fonder les sciences du territoire comme une « méta science »
Le spectre des disciplines est large, très au-delà des SHS. C’est bien avec les sciences de la vie et de la terre, les sciences de santé et les sciences de l’ingénieur (modélisation, systèmes complexes…) que les enjeux théoriques et méthodologiques sont les plus déterminants. Par exemple le manque d’échanges entre les physiciens ou mathématiciens qui conçoivent les modèles du changement climatique, et les SHS dédiées à l’impact local de ce changement climatique, se traduit par des limites scientifiques et pratiques pour une bonne interaction entre les logiques globales et locales. Le colloque a montré le besoin impérieux de dialogue entre physiciens et mathématiciens d’une part, et d’autre part géographes, archéologues (pour l’analyse de l’impact local du changement climatique), économistes et politistes (pour l’adaptation des sociétés au changement climatique). Le besoin est le même pour les enjeux énergétiques, ou encore pour les enjeux de santé.
Une discussion a été engagée sur la nature du champ scientifique qui permet le mieux de répondre à ces enjeux. Celui d’une « méta science » (grande variété des disciplines concernées par les questions territoriales, rôle croissant des interactions entre individus et groupes sociaux dans l’organisation des territoires et donc appel à des disciplines variées pour en rendre compte et à des méthodes de traitement de l’information proches des sciences de l’ingénieur et de la communication, champs scientifique comprenant un important volet de pratiques professionnelles liées au développement territorial…) a été considéré comme particulièrement pertinent.
L’affirmation de la stratégie des acteurs sociaux face aux facteurs structurels dessine une combinatoire foisonnante (que certains chercheurs appellent « territorialité »), d’où procède notamment la généralisation de la « co-action » de cette pluralité d’acteurs : co-construction des référentiels et des normes, co-décision, co-production des ressources… Autrement dit, la « méta science des territoires » serait définie par un ensemble d’interactions et par des pratiques d’interfaces.
2°) L’importance de la communication, à deux niveaux :
- celui de l’enjeu scientifique, c’est-à-dire celui des communications consacrées à l’information territoriale ou encore au croisement de l’information territoriale et médiatique (programme « Geomedia »). Cet enjeu est centré sur l’importance de la mesure, des catégories statistiques et conceptuelles de l’information, des indicateurs, des méthodes de traitement, de la représentation et des outils de visualisation ;
- celui de l’enjeu politique, c’est-à-dire celui de la nécessité d’exister non seulement en matière de publications scientifiques mais aussi dans la communication face aux think tanks et autres cabinets de conseil qui s’imposent de plus en plus (aux dépens des SHS comme des sciences dures d’ailleurs) auprès des décideurs publics ou privés.